Pour ma 1ère fille, j’étais confiante, j’avais renoncé à mon accouchement à domicile pour plusieurs raisons, surtout parce qu’on m’avait “vendu” la plus petite maternité de France Ultra physio. J’ai fini avec une péridurale (raté), un catheter (reposé 3 fois), une épiosiotomie (inutile), de l’oxygène, sur le dos les pieds dans les étriers et une compression abdominale (illégale). Tout ce que je voulais éviter, mais sur le moment j’étais presque contente et reconnaissante d’avoir éviter la césarienne, qui m’aurait condamné à ne jamais vivre un autre accouchement chez moi.

Pour ma 2ème, j’ai compris qu’il fallait que je me prépare et j’ai compris, toutes les erreurs commises pour mon 1er accouchement. Ce fut doux, rapide et j’oserais presque dire “facile”. Le poele à bois qui chauffait presque trop en ce début d’octobre, une sage-femme, le papa, et ma fille endormie qui s’est reveillé sur la fin pour accueillir sa petite soeur. C’était tellement beau. Je me suis dit qu’apère un accouchement aussi parfait, je n’en voudrais pas d’autre.

Mais mon fils est arrivé par surprise, dans une région où l’Accouchement A Domicile (AAD) est diabolisé et quasi inexistant. J’ai donc accouchée toute seule, encore plus vite, encore plus facilement, avec un bébé, encore plus gros que les 2 précédentes.

Je reviendrai en détail sur chacune de ses naissances dans des prochains articles. En attendant, si ça t’interresse tu peux m’écouter sur le Podcast de Mamandalune.

 

De la chambre au bloc obstétrical : le grand virage. 


Historiquement, accoucher était un acte domestique, intime, entouré de femmes.
À partir du XIXe siecle, avec l’essor de la médecine moderne, on a commencé a faire entrer les naissances dans les hopitaux pour gerer les cas compliques.
Puis, c’est devenu la norme… au nom de la sécurite.

Oui, la médecine a sauvé des vies, dans les cas pathologiques.
Mais le changement de lieu a entrainé un changement de paradigme complet : la naissance est devenue un acte medical par défaut, la grossesse est prise en charge comme une maladie. 

Quand le protocole prend le pas sur la physiologie

Pour accoucher, le corps a besoin d’intimite, de calme, de penombre.
C’est l’ocytocine qui mene la danse.
Mais mettre une femme sous une lumiere vive, surveillée, branchée, avec des allées et venues… et l’adrenaline prend le dessus.

Comme le dit Michel Odent : “On ne peut pas accoucher avec un neocortex en alerte.”

Et la mortalite “avant” alors ?


Oui, certaines femmes mouraient, mais ce n’etait pas l’accouchement en tant que tel qui les tuait.
Les vraies causes : l’hygiène, les hemorragies dues à des pathologies non détectées, des infections, la malnutrition.
Aujourd’hui :
Pour une grossesse physiologique : l’AAD planifié est aussi sûr que l’hopital pour une femme bien au clair sur le fonctionnement physiologique de ce processus naturel et entourant de professionnelles bienveillantes et bien formées. C’est le plus difficile : les sages-femmes d’aujourd’hui sont formées à la prise en charge médicale de l’accouchement, elle ne sont pas ou peu, ou mal formées à la physiologie de la naissance. Celles que j’ai rencontrées m’ont dit qu’elles ont du désapprendre tout ce qu’elles avaient appris en formation initiale pour se formées ensuite par elle-même.

Pour une grossesse pathologique, l’hopital est nécessaire. Mais là encore, le monde médical a vite tendance à te caser “pathologique” pour ne prendre aucun risque. C’est toujours la peur qui prend le dessus, sauf que le secret pour q’un accouchement se passe bien , c’est d’être cablé sur la confiance…et ça change tout !

Une naissance medicalisée n’est pas focément un accouchement traumatique, il peut aussi être synonyme d’une naissance respectée si les professionnels de santé sont respectueux, tout simplement. Et ça, ça court pas les couloirs des hôpitaux, et c’est l’infirmière que je suis qui te parle (et c’est bien pour ça que je ne peux plus exercer ce métier)

 

Et maintenant ?


On reparle de salles nature, de lumière tamisée, de bain chaud. Mais c’est loin d’être la norme, c’est tellement long à se mettre en place et à se déployer. Les femmes redécouvrent la puissance de la physiologie, et ça ne plait pas beaucoup aux gynécologues, qui perdent dans le même temps leurs contrôle sur le corps des femmes. La naissance est devenue un enjeu politique, accoucher chez soi, un acte militant. Notre marge de liberté de choix c’est considérablement réduit.

La medicalisation sauve des vies… quand elle est nécessaire, mais très souvent, elle induit elle-même les complications qui n’auraient pas eu lieu à domicile dans un contexte où la physiologie aurait été respectée.

Le vrai progrés ? Offrir a chaque femme le lieu, l’accompagnement et l’environnement qui respectent sa situation et ses besoins et où elle se sentira en sécurité.

Je te prépare une série d’articles sur le sujet, tu peux me poser tes questions ici, j’orienterai mes articles en fonction 😉

Et toi, comment as-tu vécu ton/tes accouchements ?


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